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un pied dans la marge fanclan officiel d’un pied dans la marge

CAROLINE CROZAT
AUTOBIOGRAPHIE

L’enfance de l’art
premier groupe
les années 90
KAHARO
L’an 2000
à aujourd’hui



l’enfance 9 avril 1968 Paris ou l’enfance

bonjour le monde ! J’ai une tête en forme de ballon de rugby et plein de cheveux noirs sur le crāne !
Durant toute mon enfance, je joue, dessine, et apprends des tas de morceaux de musique par coeur à l’aide du tourne disque situé dans ma pièce préférée : la pièce africaine. Toute la variété française des années 70 y est passée, le Negro spiritual, Titi et Gros Minet, etc... Je suis passionnée aussi par les animaux d’Afrique et la préhistoire.
Je lis énormément et recopie les bouts de textes qui me plaisent le plus. Avec les copines, on fait des spectacles improvisés ( ex : Grease en yahourt) et des parodies de pubs. Et puis chez ma tante, on se déguise tous! On aime le théātre (mon père en faisait, maman, elle, jouait du violon). Avec ma grand-mère, Manguite, on va voir des spectacles et des expos. A cet āge là, je sais déjà que je ferai un métier qui me plait même si je ne gagne pas beaucoup d’argent.


1972



Aout 1979 ou La Rupture :
déménagement, je quitte Thiais pour aller vivre en Lorraine avec Maman, Jacques et mes frères Pierre et Frédéric, et ma soeur Florence.
Ils ont un drôle d’accent en Lorraine. Et pourquoi "parisiens, têtes de chiens?" je dessine beaucoup, lis beaucoup et chante encore ce qui passe à la radio, pendant toute mon adolescence.
Mon intérêt pour l’art grandit (à l’époque, c’était surtout la peinture et la littérature) mais les questions d’ordre existenciel et social me préoccupaient :

fallait-il faire "compta" et être sūre d’avoir un job, ou bien aller dans l’art et de risquer d’en chier pendant longtemps ?

Entre l’intérêt sécurisant et mon coeur, j’ai écouté mon coeur. Et la vie pouvant être courte, je ne voulais pas que mon temps de vie soit passé(dépensé) à faire un choix axé sur la peur au nom de l’argent.
Et j’ai décidé : l’art, (choix déjà opéré en seconde, confirmé en terminale)

1986/87 : je suis en terminale A3 (lettres et Arts). AMADEUS passe au cinéma. Et là, je pleure, je pleure, sans savoir pourquoi.
Dans le même temps, je rencontre deux musiciens : Dominique Colmé et Stéphane Glanois. Ils cherchent une chanteuse. J’accepte immédiatement. C’est là que tout commence.
Sauf qu’il faut savoir comment continuer...


SALOME, notre groupe de funk soul, commence à bien tourner.
salome salome

salome

salome



Années 90 ou le néant social :

j'obtiens le diplôme des Beaux-Arts (celui de 3ieme année).
C'était bien les beaux-arts, je peignais, on réfléchissait, on était protégés.
J’arrête là mes études, et deux ans après, j’arrête aussi SALOME.

premiere sculpture

Le RMI (heureusement) : longtemps, pendant 5 ans, tout en continuant à chanter à droite à gauche en entendant mon assistante sociale me répéter : "Arrêtez cette passion pour la musique, vous vous brūler dedans"
réponse : "c'est ça ou la mort." c'est sūr, ça glace...

Je refuse toujours l’idée qu'on me vole mon temps de vie, je refuse l’idée que la pression social me bouffe le cerveau, cerveau fait pour imaginer avant tout.

je me mets à écrire comme une forcenée (roman, nouvelles, poésies) et je peins, tout en jouant dans divers groupes.

quelques peintures :

peintures caroline crozat
peintures caroline crozat
peintures caroline crozat


Heureusement, j’ai rencontré les gens du GUEULARD qui m’ont beaucoup aidée dans la fensch vallée (hello Mauro, hello Emmanuelle, Hello Thierry !)

Heureusement, j’ai rencontré Jean-Pascal Boffo, Philippe Joncquel, Séraphin, Bernard, les frères Pacci (COUPS D’ETATS, mon groupe de l’époque).

Caro et JP Boffo


KAHARO :

kaharo kaharo
kaharo kaharo
écoutez différents morceaux de Kaharo sur :
myspace



ANNEE 2000 :

Heureusement, j’ai rencontré des gens comme Marie Le Gouès, la directrice de la maison de la culture de Borny, et Mohammed Melhaa, (théātre de l’Algarade) metteur en scène, et Christian DECAMPS (vous connaissez ? ANGE !!).

Ces gens fondamentaux pour moi ont les mêmes valeurs que moi ! POUR DE VRAI !
"faut-il concevoir le monde tel qu’il est ou tel qu’il devrait être ?"

c’était ça ce qui me portait ! L’idéal !

Mais j’étais extrémiste (c’est normal, pas d’idéal sans extrême) parce que j’avais peur de ce que j’étais en train de découvrir du monde.
Le problème des choses horribles ou très belles qu’on fait avec les idées actées, c’est que ça forme un cercle plutôt qu’une ligne droite. Donc au nom d’un bel idéal, on peut faire les choses les plus dégueulasses... parce que l’idée devient plus forte que la vie, surtout des autres.
Le terrorisme m’a donc effleuré l’esprit.
Normal : si le monde était très dur : pour s’intégrer quand on n’a pas eu de bol vraiment, il faut être dur, sinon on crève. Nous demande-t-on d’être sensible ? surtout pas ! c’est improductif...

Si on m’enlevait l’art, je tuerais les auteurs du vol de mon métier. C’était clair.
Heureusement, j’ai changé sinon, Sarko serait mon premier objectif...
Et puis, je suis myope, je louperais sūrement ma cible !

Heureusement que je me suis souvenue des tas de gens biens !
bref passons.

Après avoir accepté de vivre dans ce monde trop violent pour moi, enfin je suis devenue "une fille du métier", j’ai le statut !

Je travaille un an en CES à la ligue Protectrice des Oiseaux comme dessinatrice et cette même année, je travaille avec la MJC de Borny et Mohammed Melhaa. On met en scène Brecht avec les jeunes et tout ces jeunes jouent à l’Opéra de Metz.

(c’était l’époque où l’état s’intéressait encore un peu à la culture des banlieues en subventionnant encore les associations sur le terrain...)!

et puis : ANGE.

Pourquoi j’aime ce groupe ?

Parce-que ce n’est pas QUE le groupe, c’est un état d’esprit, une politique, une façon de voir le monde. C’est Un Pied dans la Marge, Martine Decamp, et tous les gens qui viennent nous voir en concert et qui prennent leur pied.
Y a pas à chier ! Quand le concert se termine et que je vois les yeux qui brillent je me dis c’est bon : mission remplie.



On ne fait rien seul