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À force de frapper l’enclume, De regarder passer les lunes, Tu sais parler de nos aïeux Comme s’ils n’avaient jamais été vieux La cheminée s’étonne encore, La charrue ne s’essouffle plus, Tu ressembles à ces chercheurs d’or Qui auraient un secret de plus Ta bouche est sucrée de légendes Que l’on déguste comme un festin, Un festin qui n’est pas à vendre Mais qui se donne comme un matin Et quand l’hiver trompe l’automne Se prenant pour un faux printemps, Tu nous parles d’une anémone Poussée au cœur de tes vingt ans Au marécage de ton passé J’irai offrir mes pieds honteux, J’auréolerai de tes années, Celles qui feront de moi un vieux Puisse cette ode rester à Émile, Au plus grand maréchal-ferrant, Puisse cette ode rester à Émile, Aux petits vieux de tous les temps Quand la machine ne tourne plus, Que l’heure de l’heure du glas approche, On se chante un tout petit vin, On se boit un dernier refrain Et puis tranquille... On peut partir torcher le cul Au firmament. Christian Decamps / Jean Michel Brezovar
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