accueil un pied dans la marge
LA BÊTE


Jamais je n’oublierai la nuit où j’ai vu l’jour
c’était hier ! Depuis j’fais la gueule aux oiseaux
Parce qu’ils m’ont laissé la cage que j’ai sous la peau
Une bête...

Jamais je n’oublierai les "cui-cui" d’mon enfance
c’était hier, la famille, les communions...
Et toutes ces cathédrales qui soulèvent les pantalons...

J’suis rien qu’une bête, juste un animal
une bête... Un être anormal...
Une bête qui gutte l’instant fatal
Bête parmi les bêtes, je sors la tête, je perds la tête...
J’suis rien qu’une bête !

Y’avait sourire aux f’nêtres sur le carreau des mines,
mines d’enfants-lune embuées pomme-vapeur
Que la cuisine ventousait sur les coups de onze heures...
Des bêtes, pauv’bêtes...

Jamais je n’oublierai la lune de ce visage
C’était hier ! depuis je fais peur aux miroirs...
I’se sont cassés... m’ont laissé tout seul dans le noir...

J’suis rien qu’une bête, juste un animal
une bête un être anormal,
une bête qui guette l’instant fatal
bête parmi les bêtes, je sors la tête, je perds la tête
j’suis rien qu’une bête

jamais je n’oublierai... C’était une bonne vieille bête
C’était hier, elle avait découvert le feu
on est déjà demain, et j’ai d’la poussière dans les yeux.

J’suis rien qu’une bête, juste un animal
une bête un être anormal,
une bête qui guette l’instant fatal
bête parmi les bêtes, je sors la tête, je perds la tête
j’suis rien qu’une bête

bête parmi les bêtes, je sors la tête, je perds la tête
J’suis rien qu’une bête, juste un animal
une bête un être anormal,
une bête qui guette l’instant fatal

bête parmi les bêtes, je sors la tête, je perds la tête
J’suis rien qu’une bête, casquée encéphale
une bête, un ours, un chacal,
une bête secrète, toujours en cavale
bête parmi les bêtes, je sors la tête, je perds la tête
J’suis rien qu’une bête !


Christian Decamps



texte soumis aux Droits d’Auteur
réservé strictement à un usage privé ou éducatif

fond : dessin Phil


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