accueil un pied dans la marge NONNE ASSISTANTE À PERSONNE À TANGER



anonyme, sans homonyme, elle gélatine
elle coupe en deux son cœur
un coup pour dieu, un coup pour ses sœurs !

elle aurait pu être pute ou chienne en rut
mais fallait pas toucher son corps
elle préfère les cierges aux matadors

sœur du silence... entrecuisses...
En abstinence... cicatrice !

Faut dire qu’son père avait les gestes
frôlait l’inceste entre les biberons
Elle veut plus rentrer à la maison !

C’est une religieuse soigneuse en Afrique
S.O.S. s.o.s. putes impudiques
C’est une nonne assistante à personne à Tanger.

À tire de zèle... Essaim sans frontières
Elle joue les abeilles salutaires.
C’est une nonne assistante à personne à Tanger.

Sur les trottoirs en amiante aux chaleurs infantiles;
tatoués de chiens tristes, couleurs odeurs perverses...
Une larme... la vie... la nuit... Tanger !

Un sexe... aux yeux bleus... deux sexes... trois filles,
des talons, des aiguilles...
un sexe... mâle aimé... deux sexes... trois putes,
mâle et fils... fils de pute !

Toute seule dans la nuit...
Chercher la bête... Tuer la bête...
Toute seule dans sa vie...
Tuer la bête qui fait peur à l’amour

La nuit, la vie, la nuit...
Tuer la bête, tuer la bête

Un nuage de sauterelles sulfatées d’amertume
entourloupe de parfums cirrhosés à l’arnaque
perles en rupture de collier
au destin momifié sous le baume du silence

Héroïne à cheval sur un avion seringue
qui passe le mur du sang...
Et puis c’est la déveine...
La sorcière des artères entame un long ballet...

Il faut tuer la bête qui fait peur à l’amour !


Christian Decamps /Francis Decamps



texte soumis aux Droits d’Auteur
réservé strictement à un usage privé ou éducatif

fond : dessin Phil


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